08 December 2016 / public affairs / EN 

La Belgique devrait soutenir le statut d'économie de marché de la Chine

L’octroi du statut d’économie de marché à la Chine est nécessaire si l’UE veut pouvoir bénéficier d’opportunités à long terme.   

 

China is sexy, and Belgium knows it

Dans un monde où les économies des pays développés font du sur place, la Belgique se doit de trouver de nouvelles opportunités commerciales et de nouveaux capitaux frais. La Chine est l’un des seuls pays à pouvoir offrir cela. En octobre, le Premier Ministre Charles Michel s’est rendu en Chine pour y promouvoir les atouts de la Belgique. Il y a mis en valeur le régime fiscal belge avantageux pour les entreprises, grâce notamment à l’absence de taxe sur les plus-values et les intérêts notionnels. Durant sa visite en Chine, plusieurs contrats ont été signés entre des hommes d’affaires chinois et belges. Immanquablement, la bonne relation qui unit les deux pays porte ses fruits : un nouveau vol reliera Bruxelles à Shanghai dans le courant de 2017 alors qu’un des plus grands incubateurs d’Europe (le China-Belgium Technology Center) sera inauguré à la fin de l’année 2018 à Louvain-la-Neuve.

 

Le casse-tête chinois

Ce dimanche 11 décembre, les institutions européennes décideront si oui ou non elles octroient le statut d’économie de marché à la Chine. Lorsque ce pays a rejoint l’OMC en 2001, il avait 15 ans pour devenir une vraie économie de marché. Toutefois, à l’heure actuelle, la Chine ne remplit pas encore les conditions d’une économie de marché. Et le temps presse, car la période de transition prend fin d’ici quelques jours. Alors que la Chine exige le statut qui lui était promis, l’Union européenne reste plus hésitante. Octroyer le statut à la Chine rendrait l’implémentation de mesures antidumping contre des produits chinois plus difficile. Selon les dernières informations, l’UE reconnaîtra la Chine en tant qu’économie de marché, mais mettra à jour par la même occasion ses instruments de défense commerciale afin de continuer à protéger ses industries.

 

Des projets communs en danger

Refuser ce statut à la Chine mettrait à mal de nombreux projets entre l’UE et la Chine. Bien que s’opposer à l’octroi de ce statut à la Chine au nom des pertes d’emploi que cette décision engendrerait soit très honorable, les impacts positifs que cette dernière aura sur le long terme ne doivent pas être perdus de vue. En effet, l’UE et la Chine sont en train de négocier un traité d’investissement qui, une fois entré en vigueur, ouvrira certains secteurs du marché chinois aux entreprises européennes. De plus, Bruxelles et Pékin sont en train de développer des synergies entre le projet chinois d’une nouvelle route de la soie (One Belt One Road, c’est-à-dire des routes commerciales terrestres et maritimes qui relieraient la Chine à l’Europe en passant par l’Asie) et le plan d’investissement de l’UE. Une fois ces projets entérinés, ils offriront de nombreuses opportunités pour les entreprises européennes.

 

Etant donné le nombre croissant d’investissements chinois en Europe, encore plus d’opportunités se profileront à l’avenir. Dès lors, la question à se poser est la suivante : l’UE peut-elle vraiment se permettre de refuser ce statut d’économie de marché à la Chine ?

 

Bertrand Wyns

This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

twitter google+ linkedin