17 January 2017 / public affairs / NL 

Les bonnes résolutions de nos ministres fédéraux en 2017 (2/4)

En ce début d’année, nous prenons tous de bonnes résolutions et contractons des promesses pour l’année à venir. Nos ministres fédéraux n’échappent pas à la règle. Il y a quelques mois, ils présentaient devant le parlement leurs "notes pour la nouvelle année" – mieux connues sous l’appellation de "notes de politique générale". Nous les avons analysées et nous sommes laissé aller à prédire les promesses qui seront effectivement tenues en 2017, ainsi que les bonnes résolutions qui, selon nous, ne seront pas réalisées. Ce blog est consacré à Johan Van Overtveldt, Sophie Wilmès, Philippe De Backer et Willy Borsus.

 

Johan Van Overtveldt, Ministre des Finances, chargé de la Lutte contre la fraude fiscale

Progrès

Une baisse de l’impôt sur les sociétés, qu’elle soit symbolique ou non, est une obligation pour la N-VA qui, sur ce sujet, est soutenue par ses partenaires de coalition libéraux. Avec ce trophée, la N-VA aura fait le plein de confiance en vue des élections communales de 2018.

La mise en place d’un budget mobilité en tant qu’alternative crédible à la voiture de société classique est un dossier positif grâce auquel autant la ministre libérale des affaires sociales De Block, le ministre chrétien-démocrate de l’Emploi Peeters que le ministre des Finances de la N-VA Van Overtveldt pourront scorer auprès du grand public. Cette chance, ils ne la laisseront pas passer. Un budget mobilité ? Check !

Marasme

Des recettes des accises irréalistes. Les hausses drastiques des accises sur l’alcool et le tabac qui ont été votées dans le cadre du tax shift semblent ne pas avoir eu en 2016 le résultat escompté. Au lieu de voir rentrer plus d’argent dans ses caisses, le Trésor semble promis à de nouvelles pertes en 2017. Ses timides tentatives de ramener les hausses planifiées à un niveau inférieur ont été immédiatement blo(ck)ées et le ministre des Finances va une fois encore être considéré comme « quelqu’un qui ne sait pas compter ».

L’appel du CD&V en faveur d’une taxe sur les plus-values reste un véritable fardeau pour Van Overtveldt. A chaque tentative de réforme de la fiscalité avec, en ligne de mire, une réduction d’impôts pour les entreprises, il est inlassablement décrit par son partenaire de coalition comme étant celui qui va chercher l’argent chez le citoyen travailleur au lieu d’aller le chercher auprès des riches rentiers.

 

Sophie Wilmès, Ministre du Budget, en charge de la Loterie Nationale

Progrès

En tandem avec le ministre de la Fonction Publique Steven Vandeput, Sophie Wilmès ne transigera pas sur les principes de bonne gouvernance. Elle, qui exerce une tutelle sur le Bureau d’Ethique et de Déontologie administrative, ne pouvait pas mieux commencer en imposant à la Loterie Nationale de mettre de l’ordre dans la société de l’équipe Lotto-Soudal. Prochaine étape du tour, l’évaluation de la Charte de gouvernance d’entreprise de l’opérateur public des jeux de hasard. La ministre en charge de la Loterie prend la main et ne laissera pas les règles de bonne gouvernance au hasard en 2017.

Marasme

En attendant de savoir si l’équilibre budgétaire en 2018 ne relève pas d’une douce utopie suédoise, la ministre du Budget devra s’assurer que le budget reste dans les clous de la trajectoire définie avec l’Union européenne. Une tâche loin d’être facile. Jeune ministre, Sophie Wilmès doit encore prendre du muscle politique pour contraindre ses collègues à s’abstenir de tout dérapage budgétaire. D’autant plus que l’équipe Michel est fatiguée de ne pas pouvoir délier les cordons de la bourse en vue des prochains rendez-vous électoraux. Si malgré ces difficultés Sophie Wilmès arrive à garder le contrôle sur les dépenses de l’Etat, encore faudra-t-il que les recettes estimées par les Finances ne pêchent une fois de plus par excès d’optimisme.

 

Philippe De Backer, Secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude sociale, à la Protection de la vie privée et à la Mer du Nord

Progrès

En tant que Secrétaire d’Etat contre la fraude sociale, De Backer doit en premier lieu faire en sorte de rendre la fraude sociale dans notre pays moins attractive. Cela sous-entend une réduction des charges sur le travail qui doit, en contrepartie, contribuer à la création d’emplois. Une réduction des charges salariales nous rendrait plus compétitif par rapport à nos pays voisins. Au vu du slogan du gouvernement Michel « jobs, jobs, jobs » et des partenaires de coalition, une telle mesure ne devrait poser aucun problème.

Jamais auparavant nous n’avions partagé autant de moments de vie sur les réseaux sociaux. Et pourtant, l’importance que nous accordons à notre vie privée n’as jamais été aussi grande. Une compétence qui a été créée pour la première fois avec ce gouvernement. Nous sommes de plus en plus connectés sans toujours bien nous rendre compte des conséquences qui en découlent. Nous ne parlons pas ici que des réseaux sociaux, mais aussi des autorités qui ont de plus en plus d’informations à notre sujet. Philippe De Backer veut donc mettre en place le « passeport vie privée » afin que les citoyens puissent voir dans quelles bases de données leurs informations se trouvent et savoir finalement ce qui en est fait. Qui pourrait dès lors s’opposer à plus de transparence ?

Marasme

Le phénomène est connu en Belgique depuis longtemps : des travailleurs étrangers souvent originaires d’Europe de l’Est sont engagés dans notre pays car ils coûtent moins cher du fait qu’ils paient leurs cotisations sociales dans leurs pays d’origine. Ce système est aussi fort répandu dans le secteur du bâtiment. Philippe De Backer a la volonté d’aborder le problème du dumping social. Cependant, la question est de savoir ce qu’un petit pays comme la Belgique peut faire contre ce phénomène. Immanquablement, ce problème ne sera traité efficacement qu’au niveau européen. Toutefois, c’est là que le bât blesse : la prise de décision y est encore plus complexe et lourde qu’en Belgique…

Dans le cadre de l’Accord sur le Climat conclu à Paris, notre Mer du Nord pourrait être utilisée afin de produire de l’énergie renouvelable. Bien que nous soyons bien avancés dans la construction de nouveaux parcs éoliens, il semblerait que nous nous soyons fait avoir lorsque les concessions ont été attribuées (en comparaison avec les Pays-Bas, la Belgique a dépensé €2 milliards de trop). Sur ce sujet, De Backer marche sur les plates-bandes de la ministre Marghem, qui prétend mordicus que les concessions ont été bien négociées en son temps. De Backer, selon ses dires, veut arrêter la folie des subsides octroyés à ces parcs éoliens, alors que l’Open VLD n’a pas de très bons souvenirs de la limitation des subsides dans le secteur de l’énergie.

 

Willy Borsus, Ministre des Classes moyennes, des indépendants, des PME, de l’Agriculture et de l’Intégration sociale

Progrès

Les politiques de soutien aux PME telles que la stimulation de la compétitivité des entreprises, un régime fiscal plus avantageux, la lutte contre le dumping social, ou encore un accès au crédit plus facile seront des mesures fort appréciées au sein du gouvernement Michel puisqu’elles contribueront à la création de jobs, objectif n°1 du Premier ministre.

En outre, le développement de l’entreprenariat féminin dépassera les clivages politiques traditionnels majorité vs. opposition, gauche vs. droite. Il s’agit d’un sujet sociétal de plus en plus actuel sur lequel Willy Borsus pourra capitaliser afin d’accroitre sa popularité tant au nord qu’au sud du pays.

 

Marasme

La réforme du financement de la sécurité sociale prévue pour 2017 ne sera pas une mince affaire pour le duo gouvernemental Borsus-De Block. Jusqu’à présent, le fédéral a toujours comblé le trou dans la Sécu lorsque les partenaires sociaux ne s’en sortaient pas avec l’enveloppe qui leur avait été allouée. Dorénavant, les deux ministres souhaitent rendre cette aide fédérale conditionnelle et responsabiliser les partenaires sociaux. Ces mesures agacent fortement ces derniers étant donné qu’ils devront, au cas où ce projet de loi passerait, trouver d’autres sources de financement. Cette réforme fera par ailleurs les choux gras de l’opposition : elle l’instrumentalisera afin d’affaiblir le gouvernement et de se positionner en vue des élections communales de 2018.

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