10 September 2015 / media relations /

Les robots remplaceront-ils bientôt les journalistes ?

La question pourrait paraître saugrenue. Mais c’est sans compter, à en croire la société américaine Automated Insights, les millions d’articles par semaine qui sont déjà écrits par ses robots.

Certains magazines ou sites d’informations affichent très clairement leur recours aux services de Narrative Science ou Automated Insights, deux sociétés spécialisées dans la production d’articles par des robots. Ainsi Forbes, Associated Press ou Yahoo publient chaque jour sur leurs sites des articles écrits par des algorithmes. Jusqu’à présent, la formule est surtout utilisée pour annoncer les résultats des entreprises, analyser les performances des marchés financiers ou encore commenter des résultats sportifs. Le Los Angeles Times l’utilise également pour informer ses lecteurs sur les secousses sismiques. Ainsi, en 2014, à peine trois minutes après un léger tremblement de terre, la nouvelle était sur leur site d’information.

Concrètement, le robot va puiser l’information dans différentes sources disponibles, compare les chiffres, en ressort les points essentiels, y ajoute quelques commentaires spécifiques et l’insère dans un format préétabli par l’algorithme. Il peut également déterminer un angle spécifique et le ton utilisé – sarcastique, humoristique, neutre ou positif, par exemple.

Jusqu'à 90% des articles d'ici 2030

Si l’utilisation est, pour le moment, encore limitée à certains types d’articles, les possibilités sont immenses selon le fondateur de Narrative Science, Kristian Hammond. Dans une interview au Guardian, il estime ainsi que les robots pourront écrire jusqu’à 90% des articles d’actualités d’ici 2030…

Le lecteur voit-il la différence ? Non, à en croire les conclusions d’une étude du professeur suédois en média, Chister Clerwall, qui a comparé - à l’aveugle- des commentaires sportifs écrits par des robots et des journalistes. Les personnes qui ont pris part à l’étude ont estimé qu’il n’y avait pas de différences fondamentales entre les articles. Ceux écrits par des journalistes étaient légèrement plus accessibles et agréables tandis que ceux écrits par des robots étaient plus informatifs et suscitaient la confiance.

Une des perspectives de croissance pour ce nouveau secteur d’activité est la possibilité de personnaliser une même information. L’article sur le résultat du match des Diables rouges contre Chypre, dimanche dernier, pourrait ainsi être différent si vous êtes Belge ou Chypriote, si vous êtes sponsor ou pas de l’équipe nationale, ou encore si vous êtes fan de De Bruyne ou de Kompany.

Et le journaliste dans tout cela ? Kristian Hammond, fondateur de Narrative Science, assure que, grâce à ces nouvelles technologies qu’il a notamment développées avec la réputée Northwestern’s Medill School of Journalism, le journaliste pourra se concentrer sur des articles à réelle valeur ajoutée…

 

Nathalie van Ypersele

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